Avez-vous déjà entendu cette phrase :
« Tu devrais lâcher prise. »
Le conseil est fréquent. Pourtant, lorsqu'on est confronté à une situation difficile, un conflit, une inquiétude ou une surcharge mentale, il est souvent beaucoup plus facile à dire qu'à faire.
Personnellement, cela m'arrive encore aujourd'hui. Comme beaucoup de personnes, je peux parfois me retrouver à tourner en boucle sur une situation qui me préoccupe.
C'est lors d'un échange avec Nathalie Bernard (psycho-énergétienne, coach et formatrice de Réaliser Ma Vie), que nous avons évoqué ce sujet si souvent abordé dans le domaine du développement personnel.
Et une question est apparue :
Sommes-nous réellement certains de savoir ce que signifie « lâcher prise » ?
Pour moi, le lâcher-prise consiste à renoncer à vouloir contrôler ce qui ne dépend plus de nous.
Cela peut concerner :
Lorsque quelque chose nous inquiète, nous avons souvent tendance à focaliser toute notre attention dessus.
Comme si nous tenions fermement le problème entre nos mains.
Nous analysons, réfléchissons, anticipons...
Nous cherchons une solution.
Et plus nous cherchons à contrôler l'incontrôlable, plus notre niveau de stress augmente.
Le principal frein est souvent la peur.
Alors nous continuons à tenir fermement cette fameuse « prise ».
Pourtant, cette stratégie produit souvent l'effet inverse de celui recherché.
1. Nous augmentons notre niveau de stress
Plus nous focalisons notre attention sur le problème, plus il occupe de place dans notre esprit.
Imaginez un appareil photo qui zoome au maximum sur un détail.
Tout le reste devient flou.
Lorsque le stress augmente, notre cerveau fonctionne souvent de la même manière.
Nous ne voyons plus qu'une seule partie de la situation.
Lorsque notre attention est entièrement absorbée par le problème, nous avons davantage de difficultés à envisager d'autres possibilités.
Notre mental tourne en boucle et nous restons bloqués.
Avec le temps, j'ai développé une méthode très simple basée sur deux questions.
Question n°1 :
Y a-t-il quelque chose que je peux faire concrètement pour améliorer la situation ?
Si la réponse est oui :
➡️ J'agis.
Je construis un plan d'action.
Je réalise ce qui dépend réellement de moi.
Question n°2 :
Y a-t-il une personne qui peut agir là où je ne le peux pas ?
Si la réponse est oui :
➡️ Je demande de l'aide ou je délègue.
Je transmets les informations nécessaires et je laisse à l'autre sa part de responsabilité.
Je cesse de porter seul une charge qui ne m'appartient pas entièrement.
Et lorsqu'aucune solution n'est possible ?
Il reste alors deux options.
Option A : choisir le changement
Lorsque cela est possible, je peux décider de quitter la situation.
Changer d'emploi.
Mettre de la distance dans une relation.
Modifier mon environnement.
Option B : choisir l'acceptation
L'acceptation ne signifie pas que j'approuve la situation.
Elle consiste à reconnaître la réalité telle qu'elle est aujourd'hui afin de construire avec ce qui existe.
À l'inverse, lutter contre une réalité que je ne peux pas modifier n'est pas du lâcher-prise.
C'est souvent une source supplémentaire de souffrance.
Imaginons une salariée dont la charge de travail augmente constamment.
Elle souhaite bien faire, aider ses clients ou ses patients et répondre à toutes les demandes.
Pourtant, ses journées ne suffisent plus.
Première question :
« Puis-je faire quelque chose ? »
Oui.
Elle peut alerter sa hiérarchie, expliquer la situation et préciser objectivement ce qu'il lui est possible de réaliser dans le temps imparti.
Deuxième question :
« Une autre personne peut-elle agir ? »
Oui.
Sa direction peut définir les priorités, réorganiser certaines missions ou arbitrer les urgences.
Si malgré cela aucune décision n'est prise, il lui reste alors deux possibilités :
Option A : accepter de réaliser uniquement ce qui est possible dans le temps disponible, sans porter seule la responsabilité des tâches impossibles à effectuer ;
Option B : envisager un changement professionnel si la situation devient incompatible avec son équilibre.
Le lâcher-prise n'est donc pas de tout accepter passivement.
C'est agir là où nous avons du pouvoir, puis relâcher ce qui ne nous appartient plus.
Lâcher prise n'est ni abandonner, ni renoncer.
Lâcher prise consiste à récupérer son énergie en cessant de lutter contre ce qui échappe à notre contrôle.
Plus nous apprenons à distinguer ce qui dépend de nous de ce qui n'en dépend pas, plus nous développons notre sérénité, notre capacité d'action et notre équilibre émotionnel.
Sophie Steiger
Accompagnatrice du changement personnel, professionnel & entreprise
realisermavie.fr & realisermaviepro.fr

